Hélène

La neuroplasticité explique nos mécanismes de libération

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La plasticité neuronale, neuroplasticité ou encore plasticité cérébrale sont des termes génériques qui décrivent les mécanismes par lesquels le cerveau est capable de se modifier lors des processus de neurogenèse dès la phase embryonnaire ou lors d’apprentissages. Elle s’exprime par la capacité du cerveau de créer, défaire ou réorganiser les réseaux de neurones et les connexions de ces neurones. Le cerveau est ainsi qualifié de « plastique » ou de « malléable ». Ce phénomène intervient durant le développement embryonnaire, l’enfance, la vie adulte et les conditions pathologiques (lésions et maladies). (source : wikipédia)

C’est proprement époustouflant ce que notre cerveau est capable de faire pour s’adapter. Ces mécanismes regroupés sous le terme de neuroplasticité sont les garants de nos capacités continues à changer pour le meilleur.

En fonction des événements que nous vivons, actions diverses, images, émotions,.. et des interprétations que nous en faisons, nos neurones peuvent se créer (neurogénèse), grossir, s’épaissir, multiplier leurs interfaces avec d’autres ou s’amincir et se rétracter s’ils ne sont pas sollicités. Ils ont aussi la faculté de s’adapter à d’autres fonctions et se réorganiser.

La formation du souvenir et son renforcement

Nos souvenirs sont riches d’images, de sensations, de paroles, de voix, d’odeurs… Pourtant, ce qui deviendra un souvenir n’est pas mémorisé d’un bloc dans notre cerveau. Le processus de formation du souvenir active diverses régions de notre cerveau avant que le souvenir ne soit stocké dans l’hippocampe. C’est là que se forme la mémoire autobiographique, ou mémoire épisodique, qui est la forme la plus complexe du souvenir.

1ère  étape : l’enregistrement des différentes facettes de ce qui deviendra un souvenir.

Lorsque nous vivons ce qui deviendra un souvenir, les neurones chargés de reconnaître les visages, les lettres, les sons, les odeurs, etc., s’activent dans le cortex visuel, le cortex auditif, le cortex olfactif, etc.

Dans chacune de ces régions cérébrales se crée alors, selon les termes de Serge Laroche (directeur du Centre de Neurosciences Paris-Sud), un « motif d’activités neuronales » unique pour la scène vécue, plus concrètement, des neurones sont reliés entre eux, et à chaque groupe de neurones correspond une dimension du souvenir.

La localisation des neurones reliés entre eux crée une composition unique.

Ainsi, avant d’être le souvenir global dont nous faisons l’expérience lorsque nous nous remémorons un repas de fête, avec les visages qui nous entouraient, les voix des uns et des autres, les bougies, la musique, l’odeur des petits plats etc.,  le souvenir n’est encore qu’un puzzle dont les éléments sont stockés à différents endroits du cerveau.

Ces groupes d’informations (groupes de neurones reliés entre eux) sont dans un premier temps indépendants: « le cortex ne peut pas rapidement lier ensemble ces régions séparées pour former une mémoire cohérente », comme l’explique le Pr John Wixted (université de Californie).

2ème étape : des aires sensorielles à l’hippocampe, la création du souvenir dans sa globalité

L’hippocampe est la région du cerveau au sein de laquelle s’ancre la mémoire autobiographique (aussi appelée mémoire contextuelle ou épisodique) : c’est là que la forme la plus globale du souvenir se dessine, englobant et reliant les éléments mémorisés jusque là non reliés entre eux.

ous les signaux provenant des différents cortex sont agrégés par le cortex entorhinal, puis le souvenir, riche désormais de toutes les informations perçues par nos sens, est gravé dans l’hippocampe.

A son tour, il forme un motif neuronal unique qui forme un pont avec tous les autres : les groupes de neurones indépendants sont désormais reliés entre eux. Ce nouveau motif neuronal englobant tous les autres correspond au souvenir et conserve le chemin nous permettant d’accéder à ce souvenir.

« Il faut voir l’hippocampe comme un système d’adressage. Quand un événement se produit, l’hippocampe prend une adresse  de  ce qui s’est passé dans  les différentes régions  du cerveau, de façon à pouvoir les réactiver par la suite » (Pr Müller).

 3ème étape : La consolidation du souvenir

Tous les événements de notre vie, nous le savons tous, ne nous restent pas en mémoire. Pour que le souvenir perdure, il faut que le réseau de neurones correspondant au souvenir soit renforcé. Cela est possible grâce aux propriétés des synapses, ces éléments qui permettent la connexion entre les neurones.

Les synapses sont modifiables, et se renforcent grâce au processus de « potentialisation à long terme »: quand deux neurones sont actifs en même temps (lorsque le motif d’activités neuronales est activé), les synapses, c’est-à-dire les connexions entre les neurones, se renforcent.

Or, ce processus de renforcement va très loin, comme l’explique Serge Laroche :

les synapses « peuvent rester modifiées pendant des semaines, des mois, voire des années, laissant une trace quasi permanente dans les réseaux neuronaux activés. »

Le rappel du souvenir provoque sa consolidation

Le rappel d’un souvenir est simple : lorsqu’une composante du souvenir est réactivée (un mot, une image…), le réseau tracé dans l’hippocampe se réactive et mobilise les régions qui ont enregistré les différentes composantes du souvenir, qui remonte à notre conscience.

En réactivant le souvenir, le processus de renforcement des synapses est alors redéclenché, et le souvenir renforcé.

(source : Marie Maliet, sophro-analyste www.matherapie-sophroanalyse.fr)

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